Personnel
Le Fantôme du Chemin de la touche...
"Ils sont allés ce soir s'embrasser sur la bouche..."



fbb

FBB vue par JL.Sauvage dans les années 50...


C'était l'époque bénie de la Fac... Nous découvrions la liberté d'action, un peu plus de responsabilités et surtout les élans qui ne manquaient pas de nous envahir sans arrêt. Les amours débutantes et merveilleuses qui ne laissaient pour l'heure aucun goût d'amertume dans le cœur.

AU CHEMIN DE LA TOUCHE

Chemin de la Touche - Alger - Photo Jean Couranjou ©

Au chemin de la Touche
Ils sont allés ce soir
S'embrasser sur la bouche
Et s'aimer dans le noir



La main dans la main
Ils ont quitté l'auto
Le long d'un vieux chemin
Parmi les haricots



Ils ont marché longtemps
Ecoutant la chanson
Que fredonnait le vent
A travers les buissons



L'air était pur et l'herbe
Douce comme la mousse
Trois grands arbres superbes
Régnaient sur cette brousse



C'est là qu'ils sont restés
Longtemps, se regardant (on le suppose)
C'est si bon d'aimer
Au début du printemps



NB.On remarquera la richesse des rimes !!!

Le chemin de la Touche était une adorable petite route, perpendiculaire à la route de Kaddous...Il n'y avait pas que "trois grands arbres superbes".Mais, le bordaient des oliviers énormes dont la souche devait probablement dater de plus d'un millénaire.

Sur la photo on peut remarquer l'entrée d'une maison. Il s'agit de Djenan Baldji qui fut habitée dans les années 60 par Mr Robinson , Ambassadeur du Royaume-Uni à Alger. Le chemin de la Touche s'en va tranquillement vers la droite.


Les cheveux en baguettes
Et le nez retroussé
De trente et un chaussée
Au bec une cigarette :

Françoise aux Facultés

Un petit air rusé
Et un sourire canaille
Bikini en bataille
Démarche un peu blasée

Françoise va à la Baille

Coup de volant guerrier
Accélération franche
Allez, ma vieille branche !
Cent à l'heure en palier

Françoise motorisée ou (le permis d'écraser)

Petit mollet garni
D'un beau bleu violacé
La fesse bien tannée
Un air de walkyrie

Françoise en Cavalier


Il y avait aussi Marcel. Marcel avec qui apès les cours dans le grand amphi Peltier, venait me cueillir à la sortie pour "faire un tour" sur sa grosse Triumph.. C'était parti. Sans casques, à toute vitesse sur la route de la Pointe Pescade et de là vers la forêt de Baïnem nous roulions comme des fous sans aucune restriction de peur ou d'apréhension... Les temps ont bien changé...Et lorsque, fatigués du vent de l'air, de la vitesse et que nous nous retrouvions tous à discuter sans fin sur Anouilh, Sauvy ou autre, il pondait aussi des sonnets qui venaient dire ce qu'il n'osait pas dire tout haut.

Je relis maintenant tous ses poèmes, émue, heureuse d'avoir suscité ces amours jeunes et merveilleuses.

S'il était une chose à laquelle j'avais droit
Dans mon isolement, ma triste solitude
C'était, pardonne-moi, en mon âme je le crois
A un peu de pitié et de sollicitude.

Il m'eut été bien doux de t'avoir près de moi
Quand par ces jours brumeux, mon âme s'en allait
Perdue dans les ténèbres de sa propre voix
A la vaine recherche de ce qu'il lui fallait.

Il eut suffit alors pour mon inquiétude
Que tu puisses, répondre à mon amitié
Et que par tes silences, ta douce quiétude

Tu me montras enfin, au moins de la pitié...
Il fallait seulement de la mansuétude
Cela aurait suffi à mon absurdité



Bien triste comédie que celle de cet enfant
Qui par des airs tragiques et des silences profonds
Semble croire arriver à être intéressant.
Sinistre égarement de quelque pauvre c...

Qui joue au grand génie, au génie délaissé
A celui qui toujours et partout incompris
Ne s'apercevant pas qu'il est au fond raté
S'en va tout seul et de lui-même épris

Voilà ce que peut-être en ton âme tu penses
Et que malgré toi tu ne peux croire que vrai...
Par amitié pour moi, n'ai pas envie de rire

Car si tu le montrais, encore dans ma démence,
J'irais jsuqu'à tomber, et te pardonnerais
Et accepterais tout pour un de tes sourires

M.D. †

M.D. est devenu un grand médecin.


Mes deux Algéries...

Alors, pour moi Alger est mon enfance, quand j'étais petit, mais aussi un lieu, une ville, un pays spécial, parce qu'il occupe tant de place dans ma mémoire et dans mon cœur ! Alger, c'est à la fois la ville et le temps que j'aime par mon intelligence et cet endroit et ce moment merveilleux que j'aime d'amour dans mon cœur ; Alger, je pourrais dire que je l'aime comme une femme, c'est vrai Alger est sensuelle, elle sent bon ou elle pue selon les jours et les endroits...

*****

L'Alger que j'aime est
F raîche
R ose
A moureuse
N imbée de la couleur du soleil lorsqu'il se lève sur La Pérouse
C olorée
O lympienne
I risée quand la pluie de la baffagne arrive de Cap Caxine et traverse la baie
S ublime comme la baie
E ternelle dans mon cœur.

*****

Ces lignes n'en ont pas l'apparence... mais ce sont des alexandrins.

Et puis il y avait Yves le poète, Yves le Lunaire, Yves amoureux, Yves... Il n'y a pas d'égal à Yves qui n'est plus là pour nous enchanter mais qui reste encore plus présent qu'il ne le fut jamais.

Yves et Françoise
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La tempête a soufflé hier
Sur les campagnes
Le démon de la haine
A soulevé le calme
De nos amitiés pleines
Mais oublions la haine
Ce matin sur la plaine
Le soleil se mire, s'admire
Dans les flaques d'eau
Qu'hier il a semé
Au hasard de sa course
Il les sèche aujourd'hui
Il les assèche
Faisons de même
Séchons nos pleurs
Au soleil de nos amitiés


Création : 2002-03-24
Mises à jour : 2002-10-28 | 2003-10-05 | 2010-06-13 | 2012-10-22 | | 2013-01-26 | 2019-11-17 | 20-03-08




© Françoise Bernard Briès.
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