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DECEMBRE
In Memoriam


On s'étonnera de lire ce titre et de voir ce mois, accompagné des mots "In Memoriam".

Normalement, Décembre est le mois joyeux où la chrétienté célèbre la naissance du Christ, le 25, jour de Noël. Et ce sera toujours ainsi. Mais il est des circonstances, - serait-ce le hasard ??? - qui mêlent à cette joie une immense tristesse contre laquelle aucune fête quelle qu'elle soit, ne puisse rien.

Cependant, malgré le chagrin, malgré la tristesse, il faut faire face; et envers et contre tout, se relever et ne penser à sa propre tristesse qu'avec émotion et affection. Il se trouve que ce mois de Décembre, cette fin d'année, ce début d'hiver, avec son cortège de jours qui s'assombrissent, de chaleur qui s'estompe pour laisser place au froid et au gel est pour notre famille, et plus particulièrement pour moi, le mois du Souvenir. Un souvenir de départ, un souvenir de disparition, et pourquoi le taire, un mois de mort. Heureusement auréolé d'une arrivée et par conséquent de joies et de bonheur.


Denis BOUSSAT


Le 17 décembre 1915, mon grand-père le Colonel Denis Boussat, était tué à la tête de ses hommes, dans les Vosges, à l' Hartmannswillerkopf. Cet homme courageux dont les qualités avaient été vantées à de nombreuses reprises par ses chefs, ayant accompli des campagnes toutes plus glorieuses les unes que les autres, venait à mourir à quarante-quatre ans, laissant Hélène sa femme inconsolable et celui qu'il considérait comme son fils, mon Père, désemparé devant une vie nouvelle à l'aurore de son adolescence. Denis, cet homme que je n'ai connu qu'au travers des paroles de Grand Maman et de Papa, cet homme si valeureux, si chrétien, ce soldat ayant donné sa vie au propre et au figuré pour sa patrie, à une époque ou le mot Patrie évoquait un concept merveilleux, Denis que j'aimais, sans jamais l'avoir vu et qui me manquait aussi comme il avait manqué à mon Père.


Certes il était "Mort pour la France" et comme tant d'autres avait défendu son pays contre l'agresseur, mais c'était une mort, c'est à dire une disparition de la vie de ceux qui l'aimaient et qu'il chérissait en retour. Son souvenir me tient à cœur, son souvenir est là, avec ses photos, ses campagnes, ses pensées si hautes et belles. Sa droiture, son comportement , ses qualités de cœur, sont pour moi des exemples que je m'efforce ce mettre en pratique chaque fois que je risque de faillir à mes volontés.

Le Colonel Denis Boussat, Mort pour la France, est inhumé au Cimetière de Moosch, près de Thann, en Alsace, auprès de ses hommes.

[Mon Grand-Père par le sang, Albert Bernard, étant mort lorsque mon Père, Jacques Bernard, n'avait que trois ans, celui-ci fût élevé par Denis Boussat, second mari de Hélène Tisserand, ma Grand-Mère. J'ai donc pris la suite de Papa en considérant, Denis Boussat comme mon Grand-Père.]


Denis BOUSSAT, (à gauche) et le Général SERRET à sa gauche dans les Vosges en Avril 1915

"Le général Marcel Serret fut blessé en début d'après-midi, le mercredi 29 décembre 1915, dans une tranchée du ravin du Faux-Sihl. Il fut hospitalisé à l'Ambulance 3/58 de Moosch le 29 décembre à 20 heures, souffrant d'une fracture comminutive du tiers inférieur du fémur droit causée par éclats d'obus. Il fut amputé de la cuisse droite le jeudi 30 décembre 1915. Le général Serret mourut le 6 janvier 1916 à 7 heures 45 par suite d'une embolie. Ses obsèques eurent lieu le samedi 8 janvier 1916, à 9 heures, au cimetière militaire de Moosch. Son ÂŽloge funèbre fut prononcé par le général de Villaret, commandant la VIIe Armée." [Note transmise par Eric Mansuy 2003-10-09]
Sa tombe est à côté de celle de Denis Boussat.


Jacques BERNARD


Le 20 décembre 1987, disparaissait mon Père, à Paris. Nous étions auprès de lui, et une fois de plus lorsque quelqu'un part j'ai souhaité qu'il parte doucement et sans souffrir. Je suis devenue adulte à ce moment même. On ne devient vraiment adulte que lorsque l'on perd ses parents et que l'on se retrouve brusquement à la tête d'une famille, de nouvelles responsabilités et que l'on sent au plus profond de soi-même que l'on ne pourra plus jamais s'appuyer sur plus fort que soi. J'admirais mon Père, je l'aimais beaucoup. Il fut un Père sévère, mais très juste. Aussi, je ne peux garder de lui qu'un souvenir heureux et lumineux. Il m'aura appris énormément de la vie en général, sans trop me faire de leçons de morale, en me donnant ce qu'il appelait "une bonne culture générale" qui permettait à ses yeux de se propulser un peu partout et en toutes circonstances. J'ai devant les yeux, les moments chauds et intimes, lorsque le soir, dans le salon, avant d'aller me coucher, il me prenait sur ses genoux, me racontait une histoire merveilleuse tandis que mes yeux se fermaient. Maman écoutait en nous regardant... Heures claires.

Et puis le jour de mes dix-huit ans, il m'avertit que désormais, je serais maîtresse de mes actes, et qu'il me fallait passer à l'âge de "grande personne". J'admirais qu'il puisse ainsi, tout de go se séparer de sa petite fille qu'il voyait s'éloigner et qu'il perdrait un jour. Il ne me perdit en fait jamais, car je restais toujours profondément attachée à lui, d'autant que Maman disparut trop tôt. Ses petits enfants furent sa grande joie, surtout Hélène dont la naissance le lendemain de la mort de Maman, vint le consoler si affectueusement.

Il me manque toujours autant chaque jour qui passe. Chaque jour qui passe me donne l'occasion de penser à lui, chaque acte que j'accomplis me pose la question de savoir si ce que je fais est bien fait et lui ferait plaisir. Il me disait toujours : "Age quod agis"... et cela me reste au fond de l'âme. Je sais qu'il eût été très content de voir mes recherches sur notre famille sur Internet et il se serait intéressé autant que moi, sinon plus aux découvertes et retrouvailles. C'est d'ailleurs en grande partie grâce à lui que j'ai mis le doigt dans l'engrenage de la généalogie.

Self made man, il entra de bonne heure aux Chantiers Warot et y fit ses preuves en menant de main de maître et en conduisant cette affaire qui était dans les derniers moments la plus grande affaire de bois d'Algérie aux plus hautes destinées. Le hasard ou l'Histoire voulurent que s'arrête l'essor des Chantiers Warot. L'Algérie indépendante, nationalisa toutes les affaires créées par les Français installés dès la conquête. Papa, aimé et respecté des Algériens, accepta de rester en Algérie à titre de Conseiller à la Sonacob. Il devint Président de la Chambre Française en Algérie et ne quitta cette charge dont il s'acquittait avec beaucoup de conscience, que lorsqu'il se sentit trop âgé pour continuer. Il était en outre Représentant des Français de l'Etranger, pour l'Algérie, auprès de l'Union des Français de l'Etranger. Je crois de tout mon cœur qu'il fut aimé et regretté par tous ceux qui l'ont connu. Voici ce qu'écrivit, le Directeur de la Chambre Française de Commerce en Algérie :

"Nous avons appris avec émotion le récent décès du fondateur et premier président de la Chambre française de commerce et d'industrie, Jacques BERNARD.

D'une lignée de vieux algérois le Président BERNARD dirigea une importante entreprise dans l'industrie du bois. Arrivé presque au terme de son activité professionnelle il avait accepté de prendre la présidence de ce qui en 1964 demeurait de l'ancienne organisation patronale en Algérie. Il allait, malgré les réticences d'un grand nombre, se consacrer à en faire une chambre de commerce française à l'étranger et à la doter de l'assise indispensable à son fonctionnement au service des intérêts économiques français en Algérie.

Au terme d'un mandat qui lui fut constamment renouvelé pendant plus de dix années le Président BERNARD pouvait estimer à juste titre qu'il avait rempli la mission à laquelle il s'était voué.

Délégué pendant de longues années au Conseil Supérieur des Français de l'Etranger, le Président BERNARD était chevalier de la Légion d'Honneur et de l'Ordre National du Mérite.

La CFCIA, où beaucoup encore conservent le souvenir d'une grande personnalité, de son extrême et constante courtoisie alliée à une volonté claire et opiniâtre, gardera la mémoire de celui à qui elle doit, largement, son existence."

(G.Faulx-Briole
C.F.C.I.A. - Bulletin d'information)

Il reste pour moi un modèle, un homme sur lequel on pouvait compter et s'appuyer. Il me manque.



Cécile BRIES

Cécile... Je n'ai pas encore parlé de Cécile. Cela m'est encore trop difficile. J'écrirai une page sur Elle. Je dirai tout ce que je peux dire... Pour le moment, Cécile, est parmi ceux qui nous ont quitté et pour lesquels, ces temps-ci j'ai particulièrement plus de pensées, et avec lesquels je suis davantage en communion. Cécile est notre fille. Elle n'est plus ici, mais elle est toujours ici. Sa place n'a pas changé.
"La mort n'est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi. Tu es toi. Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.

Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné, parle-moi comme tu l'as toujours fait. N'emploie pas un ton différent, ne prend pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Prie, souris, pense à moi, prie pour moi. Que mon nome soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été. Sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre, la vie signifie tout ce qu'elle a toujour signifié. Elle est ce qu'elle a toujours été, le fil n'est pas rompu.

Pourquoi serais-je hors de ta pensée simplement parce que je suis hors de ta vue ? Je t'attends, je ne ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.

Tu vois, tout est bien.

(Chanoine Henry Scott Holland)


"Death is nothing at all. I have only slipped away into the next room. I am I, and you are you: whatever we were to each other, that we are still.

Call me by my old familiar name, speak to me in the easy way which you alway used. Put no difference into your tone: wear no forced air of solemnity or sorrow. Laugh as we always laughed at the little jokes we enjoyed together.

Play, smile, think of me, pray for me. Let my name be ever the household word that it always was. Let it be spoken without effort, without the ghost of a shadow on it. Life means all that it ever meant.

It is the same that it ever was: there is absolutely unbroken continuity. What is this death but a gateway? I am but waiting for you, for an interval, somewhere very near just around the corner. All is well."

(Many thanks to C.Long for his translation)


Il faut se souvenir de Cécile Briès qui fut notre fille aimante et douce. Elle s'en alla le 18 décembre 1992.


Alice notre petite fille, née le 18 décembre 1989, qui vient renouveler la vie.

Alice BRIES BATY

Voici la vie, voici pourquoi l'immortalité est réelle. Alice vint le même jour où Cécile s'en allait du monde, pour continuer de faire vivre tous ceux qui nous ont précédé. Avec son frère Jules-Antoine et sa sœur Louise ils nous perpétuent. A eux maintenant de transmettre à leurs enfants, la possibilité et mieux encore, le devoir de continuer ce que nous avons commencé.


Création : 2001-12-17
Mises à jour : 2002-03-03 | 2003-09-25 | 2003-10-09 | 2007-12-29 | 2019-10-10 | 2020-05-16




Françoise Bernard Briès
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